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Linux pénètre dans les postes d’aiguillage

samedi 10 octobre 2009

L’architecture d’un poste d’aiguillage se décompose grosso-modo en trois couches :

- une couche "campagne", composée des appareils commandés et contrôlés depuis le poste (aiguilles, signaux) ;

- une couche "enclenchements" qui réalise, en sécurité intrinsèque, les incompatibilités entre certaines opérations (par exemple, ouvrir un signal de protection d’une aiguille alors qu’elle n’est pas dans la bonne position) ;

- une couche "interface homme machine", qui permet à l’aiguilleur d’agir sur le poste et de surveiller l’évolution des trains et l’aboutissement de ses commandes.

Sur les postes mécaniques ou électromécaniques, qui constituent encore une majorité du parc, les deux dernières couches sont pratiquement confondues : les enclenchements agissent directement sur les leviers de commande, et les circuits des postes tout électriques ne différencient pas les couches.

En revanche dans les postes informatisés, la distinction est très nette. L’informatique a d’abord été introduite pour l’IHM, les enclenchements restant alors assurés par des circuits électriques de sécurité classiques. Puis la partie enclenchement a elle-même été informatisée, mais cette couche enclenchements fonctionne sur des machines dédiées, dont la conception matérielle comme logicielle repose sur les principes de l’AMDE [1]. Elle est conçue avec des OS et langages spécifiques à l’informatique de sécurité (genre Modula2).

Il n’en est pas de même de la couche IHM, qui depuis quelques années repose sur des PC industriels ou même bureautiques (pour les petites configurations) et sur Windows NT4 ou Windows 2000. Un défaut de fonctionnement de l’IHM est pénalisant pour l’exploitation, mais ne peut générer de commande contraire à la sécurité sans qu’elle soit inhibée par la couche enclenchements.

Un industriel avait proposé une solution tournant sur Linux. Cette option n’a pas été retenue par la SNCF (c’est un autre fournisseur qui produit actuellement l’IHM "standard") mais Linux vient de rentrer par la "petite porte".

L’IHM standard sera en effet équipée à l’avenir d’un module de gestion des protections, qui permettra comme son nom l’indique de gérer les protections des chantiers sur la voie (mise en protection des aiguilles, fermeture des signaux donnant accès aux chantiers). La procédure téléphonique entre réalisateur et aiguilleur sera à l’avenir largement automatisée, le réalisateur pouvant demander une protection via un serveur vocal, l’aiguilleur accordant par validation d’un dialogue, les protections qui lui sont demandées.

C’est le sous-module serveur vocal du module de gestion des protection qui tournera sur Linux. Une occasion pour cet OS de faire ses preuves et, peut-être, de convaincre les concepteurs et mainteneurs qu’il s’agit d’un bon choix...

A suivre.

Notes

[1] Analyse des modes de défaillance et de leurs effets

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